Publié : 12 mai

Silence de Charlotte C.

Et puis, elle a rapetissé, rapetissé, jusqu’à devenir un petit poisson. Je l’ai pris par la queue et l’ai mis dans un bocal. Elle essayait de hurler, mais seules des petites bulles sortaient de sa bouche. Elle était devenue un poisson, un poisson rouge. Nous avons commencé à faire le bazar dans la classe, nous nous amusions beaucoup !
Mais tout à coup, nous avons entendu un « plouf » et nous nous sommes retournés. Devant nous, la maitresse était en train de redevenir normale ! Elle grandissait vite. Trop vite ! Alors,elle est sortie de son bocal, nous ne la voyions que de dos. Elle s’est retournée... et nous avons éclaté de rire. Nous nous tordions de rire. La maitresse était furieuse, elle m’a pris par le bras, m’a tiré vers l’avant et m’a emmené chez le directeur. Nous sommes entrés et l’avons vu qui corrigeait des exercices.
La maitresse a fait « hum, hum » et le directeur a levé les yeux. En la voyant, il a commencé à toussoter, puis sa toux s’est transformée en fou-rire, puis son fou-rire s’est transformé en rire énorme. Le directeur se tordait de rire !
Devant cela, la maitresse m’a questionné du regard. Je lui ai dit entre deux fous-rires : « C’est que, maitresse, vous n’avez plus une tête de maitresse, mais une tête de poisson ! » Et j’ai éclaté de rire.
L’après-midi est passé et nous n’avons pas revu la maitresse. Celui qui faisait le ménage nous a dit qu’il l’avait vu rire, crier et pleurer dans les toilettes : « Mon beau visage, ha ha, mon beau visage ! » Je crois qu’elle est en train de devenir hystérique.

Quelques jours plus tard, elle a démissionné et nous n’avons plus jamais entendu parler de la maitresse à la tête de poisson.

Charlotte Christophe